Boutique de mode + espace de coworking + galerie d’arts ou a contrario, un magasin ne vendant que des donuts, que des éclairs ou que de la crème chantilly. Bienvenue dans cette nouvelle ère où deux concepts de magasins, d’un côté un lieu hybride de l’autre une boutique hyperspécialisée, cohabitent et répondent à des besoins différents.
Dans une époque incertaine, en pleine mutation due à l’explosion du digital et faite d’externalités et conjonctures difficiles, certaines personnes sont en perte de repères et ont besoin d’être rassurées, quand d’autres, au contraire, ont envie de flâner, de se laisser porter.
En quoi ces concepts retail, bien plus qu’une tendance, reflètent-ils la société actuelle ?

Pour des consommateurs de plus en plus exigeants, la boutique spécialisée…

Une confiance via l’expertise

Les consommateurs, de plus en plus volatiles, sont désormais difficiles à fidéliser. Pour que ces derniers aient confiance et soient rassurés, l’hyperspécialisation est un bon moyen de montrer qu’on est le meilleur dans un domaine précis. Les médias et la presse sont en constante recherche « du meilleur » que ce soit le meilleur jambon beurre de Paris, le meilleur Bubble tea ou encore où trouver le Polaroïd rétro de vos rêves.

Maud Heline, elle, a créé sa marque de chemise blanche. Froufrou, dentelles, capes, broderies. Il y en a pour tous les goûts tout en proposant un seul produit. De son côté, Guerlain a ouvert une boutique dédiée à 100% aux parfums pour rappeler aux consommateurs leur métier premier et donner plus de crédibilité à leurs fragrances. Service haut de gamme, personnalisation du flacon, tout est fait pour que le client se sente privilégié et entre de bonnes mains.

Un choix multiple pour contrer l’e-commerce

L’achat en ligne permet d’avoir un choix infini. Pour contrer cette offre, se spécialiser dans un mono-produit permet de proposer une offre très profonde sur un produit spécifique. My Lovely Socks s’est spécialisé dans les chaussettes valorisant la créativité et le Made in France. À pois, à paillettes, en dentelle, bicolores… Chacun peut y trouver son bonheur, la preuve, 7 000 à 10 000 paires sont vendues chaque mois. Même constat pour la jeune marque de bonnets Cabaïa, au ton ludique, qui vend ses bonnets avec trois pompons interchangeables dans une boîte baptisée « shaker ». Chaque combinaison porte un nom de cocktail. En un an, la marque passe de six bars à bonnets éphémères à une cinquantaine. Un achat plaisir donc, dont la formule humour + créativité + hyper-segmentation, fonctionne.

 

La boutique café-fleuriste Peonies

(1) Le café-fleuriste Peonies

…Pour des clients de plus en plus oisifs, la boutique hybride !

Des solutions clés en main

Que ce soit au travail, à la maison, dans la rue… les modes de communication ont changé, laissant place à une sur-information et donc à une certaine facilité de tout trouver tout de suite. On en devient paresseux. Il faut alors contre attaquer et proposer une offre répondant à ces besoins. Que ce soit un café-fleuriste comme Peonies, permettant de prendre un café en achetant son bouquet de fleurs dans un cadre végétal et relaxant ou faire son shopping en pouvant faire une pause thé gourmand comme au Sept-Cinq, concept-store de petits créateurs parisiens à l’allure cocooning. Ces endroits se veulent pratiques, illustrant un art de vivre plus qu’une simple marque. Design, féérique, cosy ou caché, ces endroits sont faits pour s’y sentir bien : comme à la maison mais en mieux.

Le retour du « slow »

Autour de cette frénésie constante, certains ressentent également le besoin de ralentir et de profiter. LAVOMATIC l’a bien compris en proposant, en plus d’une laverie comme on les connait bien, un bar – caché derrière un sèche-linge ! – aux cocktails inventifs et balançoires à disposition. Un endroit où on se sent bien donc, et où le maître mot est « Carpe diem » : profiter de l’instant présent, y compris pour les tâches ménagères.

L’envie est la même aussi bien en France qu’à l’étranger, puisqu’à Hong Kong, cité-état hyper urbaine, deux sœurs françaises ont ouvert le Château Zoobeetle, à la fois boutique de maroquinerie ainsi qu’un bar à vins.

Reprendre son temps, même quand il s’agit de consommer, c’est le nouveau crédo.

À l’heure où le m-commerce fait de plus en plus d’adeptes, le retail doit continuer à proposer des concepts pointus, vrais, différenciants et avec des histoires à vivre. Quand la technologie promet efficacité, rapidité et commodité, le retail, doit lui, proposer une expérience : un moment plus qu’un simple produit.

Prochaine étape, la réalité virtuelle pour une immersion totale en boutique. À quand le premier retailer concerné ?

Sources photos : (1) http://hipparis.com/wp-content/uploads/2017/01/peonies-3.jpg (2) https://o.aolcdn.com/images/dims3/GLOB/legacy_thumbnail/630×315/format/jpg/quality/85/http%3A%2F%2Fi.huffpost.com%2Fgen%2F3421946%2Fimages%2Fn-MAUD-HELINE-628×314.jpg (3) http://rivieramagazine.fr/wp-content/uploads/2017/05/guerlain-brussels-dscf7620-morrec.jpg (4) https://s3-ap-northeast-1.amazonaws.com/static.theworldelements.com/upload/unit/JnI2dAc/main.jpg?_nocache=1426161207 (5) http://www.asiatravelbook.com/2017/06/blog-post_12.html (6) https://www.lasalopette.net/wordpress/wp-content/uploads/2015/11/LAVOMATIC-BAR-PARIS.jpg

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