Pourquoi avons-nous voulu parler de Faguo ?
Confort, design & surtout engagement ! L’idée de planter un arbre pour l’achat d’une paire de chaussures est brillante ! Hulotte aime l’audace et les partis pris. Nous avons donc rencontré Nicolas Rohr, l’un des deux fondateurs de la marque.

Quelle a été votre réflexion quant à la création de Faguo ?

En 2009, encore étudiants en école de commerce, nous voulions monter notre projet, en autonomie. En y réfléchissant, le marché de la chaussure était alors fait de géants mais il manquait une petite marque fraîche, simple, légère et colorée.
Ayant eu un coup de cœur après notre Erasmus en Chine, on a appelé notre marque Faguo, « France » en chinois. Après 8 mois de mise en place, et 50 000 euros de récoltés entre deux prêts étudiants et un crowdfounding des copains, on a acheté nos 5000 premières paires de chaussures. Nous avons ensuite réinventé le concept des soirées Tupperware de nos grand-mères, mais cette fois avec chaussures et bières dans les apparts de nos copains.

Concernant la communication, elle était omnicanale via Facebook. En 5 semaines on a été sold out, plus de fans que de chaussures, il fallait alors voir plus gros : les multimarques. Killiwatch a été le premier à nous suivre, de fil en aiguille les autres sont arrivés.
Nous avions une seule crainte : le mono produit, à l’image de converse. On a donc vite décidé d’étendre nos gammes à l’enfant, la femme et à la bagagerie. On est devenu une marque globale, pour ne pas dire lifestyle, habillant l’urbain qui démarre dans la vie. Quand on est habillé en Faguo on peut aller partout, je dirais qu’on est un « everyday adventurer », sans étiquette particulière, assez hybride.

Faguo, ça veut dire « France » en chinois, la marque s’appelle comme ça depuis le début ? Si oui, vous aviez déjà l’ambition de représenter la France à l’étranger ? ou alors ça veut dire autre chose pour vous ?

Littéralement, « Faguo » veut dire « peuple des lois, peuple des manières ». On souhaitait montrer notre passion pour l’Asie, se responsabiliser dans notre ADN de marque, l’idée est venue comme ça. On fait très attention à notre bilan carbone, on sensibilise les gens, nous avons planté 130 forêts depuis le début, chaque consommateur est d’ailleurs invité à consulter ces forêts sur notre site internet.

Vous êtes nés sur le web ; comment et pourquoi avez-vous décidé d’aller dans le commerce physique ? Quelle complémentarité avec le web ?
Nous avons choisi le web dans l’approche communication, pour démarrer. En termes de vente, ce canal représente seulement 20%. Aujourd’hui, nous sommes vendus dans 24 pays avec 7 boutiques Faguo et un très fort engouement pour le Mexique et la Corée. Nous nous sommes mis au textile depuis 1 an et demi et ça représente 37% de nos boutiques maintenant.

Vitrine de la boutique Faguo d'Abbesses

Vitrine de la boutique Faguo d’Abbesses

Pas trop dur de monter un business à deux têtes ?

Être deux permet d’avoir un plus grand cerveau ! En se séparant les tâches on gagne en productivité, on se conseille & critique souvent, mais chacun a son secteur. Lui (Frédéric) gère le commercial, la finance et l’administratif. Et moi (Nicolas) la production, le marketing et la communication. Nous sommes 45 aujourd’hui, avec un bon management sans trop de hiérarchie.

Qui achète des Faguo et pourquoi ?

Une personne aventureuse, qui vit sa vie, sans être statutaire et bien dans ses pompes.

Quelle est l’importance de la marque France pour vous ? Ici ? A l’étranger ?

L’étranger représente 30% du CA, on a comme nouveau marché la Belgique. On a des vagues, après le Japon au début, c’est la Corée & le Mexique maintenant. On ne comprend pas toujours !

Une petite anecdote de galère au début de l’aventure ?
Pendant le premier mois, on vendait nos chaussures TTC. Les magasins sur-margeait. L’erreur est humaine !

Qu’est-ce que vous feriez différemment avec votre expérience d’aujourd’hui ?

J’irais plus vite ! J’aurais créé une marque lifestyle dès le début. Mais entreprendre c’est vivre sur un escalier permanent, on s’affine marche après marche. On réapprend notre métier tous les jours. Monter sa boîte c’est avoir une journée différente chaque jour.

Si vous aviez un conseil à donner à de jeunes entrepreneurs ?

« Oublie que t’as aucune chance et fonce ! Sur un malentendu ça peut toujours marcher ! » L’insouciance aide à être souple. Je trouve important de ne pas avoir de regret, l’agilité, la curiosité sont de vrais atouts !