Avec The Keepers, il est désormais possible de laisser son casque de moto et/ou son manteau dans les centres commerciaux où sont implantées leurs consignes. Ce service, répondant à de réels besoins, fait de plus en plus d’adeptes dans le domaine du retail, aussi bien en France qu’à l’étranger. Cap sur cette start-up qui commence à faire parler d’elle et rencontre avec François Jaubert, co-fondateur.

Comment vous est venue cette idée ?
Lors d’un voyage en Chine pendant mes études, j’ai remarqué une consigne à parapluies. J’ai trouvé l’idée intéressante, j’ai donc importé le produit en achetant deux consignes sur Alibaba. Mais le produit n’était pas qualitatif, en effet, je les ai reçus cassés. Puis, je me suis vite rendu compte qu’en France il n’y avait pas ce besoin comme en Chine. Pourtant, là-bas les gens ont des parapluies de toutes sortes : Louis Vuitton, Chanel, etc. mais la météo n’est pas la même…

Ainsi, lors de mon projet d’entreprenariat j’ai amélioré mon idée. J’ai passé des journées à observer les gens, dans les centres commerciaux, dans la rue, c’est à ce moment-là que je me suis rendu compte qu’à Paris nombreux étaient les motards. J’ai alors développé le produit moi-même. Beaucoup d’entrepreneurs veulent trouver l’idée du siècle mais il suffit d’aller là où il y a un besoin.

Quel est votre business model ?
Au début nous proposions deux modèles, en B2B ou en B2C.
Soit le centre commercial payait les consignes et c’était gratuit pour les clients, soit le client final devait payer le service. Forcément l’offre B2C a fait plus d’adeptes ! Cela nous a permis de mettre un pied dans ces centres, mais cela ne fonctionnait pas car dans un endroit où les gens consomment, ils s’attendent à ce que ce genre de services soit gratuit… On a finalement réussi à convaincre nos 18 clients The Keepers de l’époque de passer sur le modèle B2B. Notre service englobe à la fois le prêt d’une consigne mais aussi un service de reporting, SAV, mises à jour qui nous permet d’accéder à toutes les données de notre parc en temps réel et de contrôler à distance.

Beaucoup d’entrepreneurs veulent trouver l’idée du siècle mais il suffit d’aller là où il y a un besoin…

Vous êtes déjà implanté à l’international, quel est votre prochain pays-cible ?
Nous sommes en Espagne depuis 2 mois et l’Italie est en cours. On vise les premières implantations pour la fin de l’année.

Quel est l’état de la concurrence ?
Pour le moment, nous n’avons pas vraiment de concurrents frontaux, et même si un acteur italien propose un produit similaire : des boxes à mettre sur les parkings qu’il vend aux villes ; on n’en souffre pas vraiment. Par contre, on considère les bornes chargeurs de téléphone comme de vrais concurrents car ils sont positionnés sur les mêmes budgets et la même place chez les foncières, les gérants des centres doivent donc faire des choix entre eux et nous.

Etant les premiers sur ce marché, nous avons établi les règles du jeu, si un concurrent arrive aujourd’hui ce serait une belle opportunité, une concurrence positive qui donnera plus de challenge d’un côté et d’un autre renforcera l’évangélisation que nous faisons auprès des gérants de centres commerciaux pour leur faire comprendre l’intérêt de notre solution.
En plus, grâce à notre service nous disposons d’une vraie communauté derrière nous !

C’est d’ailleurs plutôt nous qui allons petit à petit concurrencer de nouveaux services. Nous souhaitons nous diversifier !

Quels sont vos objectifs/challenges dans les 5 prochaines années ?
En termes d’implantation nous souhaitons exporter The Keepers vers un autre continent, type Corée du Sud, Japon ou Chine. Nous avons aussi une demande en Amérique centrale, pour le Costa Rica, mais pour le moment notre développement en Europe est la priorité n°1
Notre idée est de lancer chaque année 2 à 3 nouveaux services. Je ne peux pas vous en dire plus, c’est confidentiel.

Consigne à casques The Keepers en centre commercial

Consigne à casques The Keepers en centre commercial

Une anecdote de début de parcours à nous raconter ?

Il y en a beaucoup ! Aucun des 3 fondateurs de The Keepers n’était motard au début de l’aventure, mais à chaque rendez-vous, on arrivait avec un casque, on le fait toujours d’ailleurs.
Avec Thomas, l’un des fondateurs, on a même fait le pari d’avoir avec nous un casque pendant 1 mois, en permanence, peu importe l’endroit. Le mien est donc allé à Disneyland, Dublin, en boîte… Mais il n’y a pas mieux comme expérience pour vraiment comprendre à quel point un casque peut être encombrant. On aime avoir les avis des clients finaux.

On a même fait le pari d’avoir avec nous un casque pendant 1 mois, en permanence, peu importe l’endroit

Aussi, le premier utilisateur de The Keepers (ndlr : Main Lib à l’époque) n’a pas pu récupérer son casque, il a fallu attendre 10 heures. On a eu un souci avec notre consigne… mais étant lui-même entrepreneur, il a compris notre problème, mais c’était la première et la dernière fois que c’est arrivé, le problème a vite été corrigé. C’est d’ailleurs aujourd’hui notre meilleur ambassadeur !

Si vous deviez recommencer depuis le début vous changeriez quelque chose ?

Je ne pense pas, à l’époque on était naïfs mais c’est en faisant des erreurs que l’on apprend. Nous n’avons jamais fait 2 fois la même erreur.

Consignes à casques, dressing pour manteaux… C’est quoi la prochaine idée ?
Je ne peux pas trop en dire c’est confidentiel.

Un conseil à donner à un jeune entrepreneur ?
Qu’il fonce, le plus tôt est le mieux. Il y a 6 ans, Nicolas Rohr, fondateur de Faguo m’a dit « Pars en Chine, tu vas trouver une super idée là-bas ! Si tu dois te planter, plante-toi tôt, à 30 ans c’est plus compliqué ».
Et c’est vrai qu’à la fin de mes études, j’ai vécu pendant 1 an et demi sur le canapé d’une colocation, à moindres frais. J’en serais totalement incapable aujourd’hui…

Ainsi, il est important d’observer les clients finaux pour répondre à leurs attentes, organiser des tables rondes, étudier les comportements en situation et surtout se mettre à la place des consommateurs. On passe alors d’une logique BtoC ou BtoB à une logique HtoH (Human to Human) afin d’être au plus près des vrais besoins.